Rêves étranges qui sans cesse m’extirpent de mon sommeil, ventre serré sueur qui perle sur mon front, mais pourquoi mon inconscient me torture-t-il quand je suis au repos, dans l’état le plus fragile que je puisse être. Cette nuit encore un de ces cauchemars qui me laissent perplexe, vous en décrire le contenu ne le tairait pas alors je vais plutôt en exorciser le message sur les touches de mon clavier. Je vais tenter dans les premières lueurs du jour de faire en sorte que la raison chasse les loups affamés de mon passé, qui s’immiscent dans mon conscient sans défense.
Éternelle réflexion de mon moi qui m’envoi les sept plaies et sonne le glas de l’armagedon due à mes actes passés. Dieux se montre à moi, celui en qui je crois, celui que je vénère et qui est tapis au fond de mon âme durant le jour, d’abord une lueur brillante, chaude, ensuite une présence réconfortante et aimante. Puis la brûlure, le malaise. Mes entrailles se déchirent, la douleur est indescriptible, le vide qui m’habite est vertigineux. Je sombre dans une demi inconscience et la lumière qui m’enveloppe s’éteint. Ne me reste que la sensation impalpable d’une présence, une voix résonne je la connais, elle m’est familière. Elle me vocifère les accusations auxquelles je dois me plier. Je suis sur le banc des accusés, seul. Juge et jurés ne sont autre que mon inconscient et conscient matérialisés. Le crime est exposé comme de la viande morte à la canicule, on pourrait presque sentir l’odeur de charogne qui s’en dégage, je me sens disséqué, chirurgie sans anesthésie. Les juges et jurés déroulent mes entrailles comme on déroule un parchemin et au milieux de toutes cette mélasse, ils plongent leurs doigts à la recherche d’indices accusateurs. Chaque mouvement qu’ils donnent à mes viscères me torture. Pourtant je reste là sans mot dire, ma bouche ne laisse sortir aucun sons. Puis le juge plonge son regard vide dans mes yeux en aspirant le peu de lumière qui pouvait encore en jaillir et porte son verdict. Le jugement sans appel, ma cause sans témoin ni avocat ne peut être défendue. Je suis condamné à me réveiller !